Le docteur en sciences du sport Killian Bouillard rejoint notre conseil scientifique

Killian Bouillard

Nomination

Killian Bouillard a obtenu un doctorat en sciences du sport en 2014 à l’Université de Nantes, avec pour spécialités la biomécanique et la physiologie neuro-musculaire. Son travail de thèse avait pour objectif de mettre au point une technique d’estimation de la force musculaire permettant d’étudier les coordinations musculaires, en s’affranchissant de certaines limites inhérentes aux techniques habituellement utilisées. Dans les années qui ont suivi, il s’est progressivement spécialisé en nutrition, jusqu’à l’obtention d’un certificat en « Plant-based nutrition » (Center for Nutrition Studies & Cornell University). Ses efforts se sont alors concentrés sur la diffusion des connaissances scientifiques permettant de faire émerger les grandes règles d’une alimentation saine et durable. Dans cet objectif, il enseigne la nutrition, donne régulièrement des conférences grand public, intervient auprès de groupes de jeunes sportifs et écrit des articles de vulgarisation scientifique.

Je suis convaincu que, si seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin ; c’était donc pour moi une évidence de joindre mes forces au travail collectif de diffusion de connaissances effectué par l’ONAV.

Killian Bouillard

Thèse

Quantification du module d’élasticité musculaire au cours de contractions isométriques : une première étape vers l’estimation de la force musculaire (2014)

Le premier objectif de ces travaux de thèse était de déterminer si la force produite par un muscle peut être estimée par son module d’élasticité de cisaillement. Le deuxième objectif était d’utiliser cette technique pour mieux comprendre les stratégies de répartition des forces entre les muscles au cours de contractions isométriques mono-segmentaires. Le module d’élasticité de cisaillement a été mesuré par la technique d’élastographie Supersonic Shear Imaging (SSI). Nos travaux montrent qu’il existe une relation linéaire entre le module d’élasticité d’un muscle et la force qu’il produit, et que cette relation n’est pas altérée par la fatigue neuromusculaire. Ainsi, le module d’élasticité de cisaillement peut être considéré comme un index de la force musculaire lors de contractions isométriques, qu’elles induisent ou non de la fatigue musculaire. Nous avons ensuite utilisé cette technique pour décrire les stratégies de répartition des forces entre les muscles fléchisseurs du coude lors d’une contraction isométrique. Les résultats ont fait apparaître une stratégie de compensation entre le brachialis et le biceps brachii avec l’augmentation de la force produite. Nous avons également décrit les stratégies de répartition des forces au cours d’extensions isométriques de la jambe menées jusqu’à épuisement. Nos résultats soulignent une variabilité inter-individuelle importante des stratégies de compensation observées au cours de cette contraction fatigante, et ce malgré une localisation similaire de la fatigue (vastus lateralis).

Ces travaux ont donc conduit à proposer une technique expérimentale fiable d’estimation d’un index de la force musculaire offrant des perspectives intéressantes pour l’étude des coordinations musculaires. C’est ainsi que, depuis ces premières explorations, cette technique a été utilisée dans de nombreuses études pour documenter des questions biomécaniques et des phénomènes neuro-physiologiques, notamment associés à la fatigue ou la douleur.

Publications choisies