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Le soja : quoi de neuf ?

Vous avez été nombreux et nombreuses à nous solliciter suite à une publication sur les réseaux sociaux faisant état d’inquiétudes concernant la consommation de soja chez les bébés, les enfants de moins de 3 ans et les femmes enceintes, conformément aux recommandations françaises de 2005. Notre position sur le soja soutient le contraire : l’absence de risque d’une consommation alimentaire de soja, en se basant sur l’avis de différentes agences internationales ainsi que sur une revue d’études scientifiques. Nous pensons que si la précaution était valable en 2005, quand le rapport sur le soja de l’AFSSA a été publié, il s’agit maintenant d’un principe de précaution obsolète. Est-ce que nous sommes passé-es à côté de certaines données ? Est-ce que d’autres études sont venues modifier nos connaissances ? C’est possible. Et c’est pourquoi nous vous proposons de passer en revue les données avancées par l’auteur de la publication, de rappeler les positions de différentes agences internationales et de voir si cela doit changer notre position.

La première source indiquée est un rapport de la Norwegian Scientific Committe for food safety (Comité scientifique norvégien pour l’alimentation et l’environnement).

Ce rapport ne concerne que les compléments alimentaires à base d’isoflavones de soja. En effet, il est indiqué : 

  • p30. : L’Autorité norvégienne de sécurité alimentaire (NFSA) a demandé au Comité scientifique norvégien pour la sécurité alimentaire (VKM) d’évaluer la sécurité des isoflavones de soja dans les compléments alimentaires aux doses suivantes : 40 et 80 mg/jour.

Ce rapport n’est donc pas informatif, a priori, pour la consommation alimentaire de soja, qui est l’objet de notre publication. Cependant, on peut trouver des données intéressantes telles que :

  • p10. En raison des différences de pharmacocinétique entre l’homme et les espèces de rongeurs telles que décrites et de l’abondance des études humaines disponibles sur les isoflavones, les données de toxicité provenant d’animaux de laboratoire n’ont pas été incluses dans cette évaluation des risques, à l’exception des données de génotoxicité in vivo.

C’est précisément ce que nous indiquons dans notre position sur le soja.

  • p71. Il est très peu probable que les régimes alimentaires normaux à base de plantes contiennent des isoflavones en quantités suffisantes pour induire des effets indésirables graves, étant donné qu’ils font partie de l’alimentation humaine depuis des centaines d’années et qu’il n’existe pas de données historiques sur des effets toxiques évidents.

En conséquence, nous ne voyons rien dans ce rapport qui vienne modifier notre position. Passons à la deuxième source dont la personne qui la partage indique qu’elle constitue l’évaluation des agences scandinaves et qu’elle montre un risque pour les enfants.

Nous constatons tout d’abord que cette évaluation a notamment une clause de responsabilité1 : “Cette publication a été financée par le Conseil nordique des ministres. Cependant, le contenu ne reflète pas nécessairement les points de vue, opinions, attitudes ou recommandations du Conseil nordique des ministres.

Premier élément : ce n’est pas la position du conseil nordique des ministres (composées de différents pays : principalement le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède mais aussi du Groenland, des îles Féroé et Åland). Cette traduction et les suivantes étant les nôtres, nous ajoutons conformément aux clauses du document que : “Cette traduction n’a pas été réalisée par le Conseil nordique des ministres et ne doit pas être considérée comme officielle. Le Conseil nordique des ministres ne peut être tenu responsable de la traduction ou de toute erreur contenue dans celle-ci.”

Considérons tout de même cette publication, on y trouve notamment :

  • “Cette évaluation ne tient pas compte des éventuels effets bénéfiques de la consommation de soja sur la santé.” 

Même si cela constitue une procédure classique, il est tout de même dommage d’aborder la consommation de soja uniquement par le prisme du risque.

  • “Dans l’ensemble, aucune association n’a été trouvée entre l’exposition précoce au soja alimentaire ou aux isoflavones et le risque ultérieur de cancer du sein sur la base des études identifiées.”
  • “Dans l’ensemble, les études identifiées ne permettent pas de conclure directement à une association entre l’exposition au soja alimentaire ou aux isoflavones et le risque de puberté précoce, que ce soit chez les filles ou chez les garçons.”
  • “Globalement, bien qu’il semble exister une corrélation théorique entre l’exposition in utero aux isoflavones et le risque d’hypospadias, celle-ci n’a pas été confirmée dans les études humaines identifiées.”
  • “Dans l’ensemble, seules deux études sur les effets indésirables des isoflavones sur la fonction thyroïdienne concernant les enfants et les femmes enceintes (enfants à naître) ont été identifiées lors de la recherche bibliographique. L’étude de Li et al. (2011) portait sur des femmes chinoises, qui peuvent réagir différemment à l’exposition aux isoflavones par rapport aux populations occidentales en raison des différences de métabolisme. D’après l’étude de Milerová et al. (2006), des effets indésirables des isoflavones sur la fonction thyroïdienne lorsque l’apport en iode est insuffisant ne peuvent être exclus. La carence en iode est un problème auquel tous les pays nordiques sont confrontés et l’enrichissement du sel de table (Danemark, Finlande, Suède) ou du fourrage pour vaches (Finlande, Islande, Norvège) a permis de limiter dans une large mesure l’apparition de la carence en iode (Nyström et al., 2016). Toutefois, selon Nyström et al. (2016), il existe des indications selon lesquelles les femmes enceintes et allaitantes présentent une légère carence en iode dans plusieurs pays nordiques.”
  • “Utilisation de données humaines pour la détermination de la valeur d’orientation basée sur la santé
    • Aucun effet critique des isoflavones sur les enfants ou les femmes enceintes (enfants à naître) n’a été identifié parmi les quatre critères d’évaluation inclus : moment de la puberté, cancer du sein, hypospadias et fonction thyroïdienne dans les études humaines.”

Pourtant, au vu des études in vitro et chez des rongeurs, ce document indique un risque potentiel uniquement chez les enfants après des modélisations d’apport en soja. Il s’agit donc d’un principe de précaution pour les enfants qui repose sur des données animales et qui n’est pas supporté par la littérature scientifique chez les humains.

Puisque la position du conseil nordique des ministres a été évoqué, qu’indique le Nordic nutrition recommandations2 dans sa publication de 2023 concernant le soja ?  

  • p 214 : Certaines études antérieures ont suggéré que les produits à base de soja avaient des effets hormonaux. Toutefois, un examen approfondi des perturbations endocriniennes potentielles ne confirme pas ces craintes (Torheim & Fadnes, 2023)(Nordic Council of Ministers, 2020b).

Conformément aux données de la littérature, le guide nordique de nutrition indique, en s’appuyant sur la publication précédente, que le soja n’induit pas de perturbations endocriniennes. 

Le guide de la nutrition fait également état que la consommation de soja peut diminuer des facteurs de risque cardiovasculaire et qu’il est également meilleur pour l’environnement (que la consommation de viande).

Voyons si les différents pays qui composent le Nordic Council of ministers indiquent des positions différentes concernant la consommation de soja en ciblant les populations d’intérêt : femmes enceintes, nouveau-nés et enfants.

Danemark

Le site de la Danish Veterinary and Food Administration3 indique : 

  • Position soja Danemark avant 3 ans4
  • Boisson au soja
    • La boisson au soja a à peu près la même teneur en protéines que le lait de vache, mais une teneur naturelle plus faible en vitamines et minéraux. Le soja est riche en isoflavones, qui sont des substances ayant de faibles effets semblables à ceux des œstrogènes. Il existe une incertitude quant aux effets à court et à long terme d’une consommation élevée de ces substances pendant la petite enfance, tant chez les garçons que chez les filles.
    • La boisson au soja peut être consommée au plus tôt à partir de 2 ans, à condition que l’enfant ait une alimentation variée et grandisse normalement. On peut cependant l’inclure en petite quantité dans la cuisine dès l’âge de 1 an.
    • Certains types de boissons au soja contiennent du calcium et contiennent autant de calcium que le lait de vache – cela peut être lu sur la déclaration du produit.

Donc la Danish Veterinary and Food Administration indique bien une incertitude concernant le soja pendant la petite enfance si la consommation est élevée. Cependant, elle considère que les enfants peuvent en consommer au sein d’une alimentation équilibrée.

On retrouve également : 

  • “Préparation pour nourrissons à base de soja5
    • Si l’enfant ne reçoit pas de lait maternel, il doit recevoir un substitut du lait maternel. Le substitut du lait maternel contient tous les nutriments dont le bébé a besoin et les produits sont composés de manière à être nutritionnellement optimaux pour le bébé et à ressembler le plus possible au lait maternel.
    • Les parents qui ne souhaitent pas donner à leur enfant une préparation à base de protéines d’origine animale peuvent choisir d’utiliser une préparation à base de protéines de soja (isolats de protéines de soja). Ce produit est la seule alternative adéquate aux préparations pour nourrissons à base de protéines de lait. Vous ne pouvez pas utiliser de boissons à base de plantes telles que la boisson au soja, la boisson au riz, la boisson à l’avoine ou la boisson aux amandes (également appelées « lait d’avoine, lait de soja, lait d’amande ou lait de riz ») comme alternative au substitut du lait maternel.
    • Les préparations pour nourrissons à base de soja peuvent également constituer une alternative au lait pour les jeunes enfants de plus d’un an.”

Suède

Pour la Suède Swedish food agency6 

Guide pour les enfants entre 1 et 2 ans7

  • “Le lait, le lait caillé, le yaourt et les boissons végétales comme les boissons enrichies à l’avoine et au soja sont des sources importantes de calcium et de nombreuses autres vitamines et minéraux.
  • Si votre enfant mange principalement des aliments végétariens, il devrait consommer quotidiennement les aliments suivants : – des légumineuses comme les haricots, les pois, les lentilles, le tofu ou d’autres produits à base de soja.
  • Les boissons enrichies à base de blé et de soja ont un impact climatique plus faible que les produits laitiers.”

Nous n’avons pas trouvé de recommandations spécifiques concernant le soja pour les femmes enceintes8 ni pour les enfants avant 1 an9.

Finlande

Le National Institute for Health and Welfare in Finland (THL)

  • EATING TOGETHER -food recommendations for families with children10

p26 : “La viande peut être remplacée par divers produits à base de haricots, de pois, de fèves, de graines et de soja, tels que les gruaux, les cubes, le tofu et le tempeh, ainsi que les lentilles.”

p 45. : “Niveau adéquat de nutriments pour le bien-être de la mère et la croissance et le développement du fœtus

Les produits à base de céréales complètes, en particulier le pain de seigle, sont de bonnes sources de fer, et les bonnes sources végétales de fer sont le soja, les haricots, les lentilles, les pois et les légumes vert foncé.”

p 101 : Régime végétalien pour les nourrissons

“Après l’âge d’un an, les enfants devraient recevoir comme boisson principale une boisson céréalière à base de soja, d’avoine, de quinoa ou d’autres céréales, enrichie en calcium et en vitamine D et spécialement conçue pour les enfants en bas âge.”

et : 

“Il faut veiller à ce que l’alimentation du bébé contienne une quantité suffisante de bonnes sources de protéines végétales, telles que les produits céréaliers complets, les légumineuses cuites, c’est-à-dire les haricots, les pois, les lentilles, le soja et les fruits à coque moulus.”

  • Health and joy from food – meal recommendations for early childhood education and care11

p 47. “Les sources de protéines équilibrées sur le plan nutritionnel comprennent les céréales complètes, les légumineuses, ou les haricots, les pois, les lentilles et le soja sous différentes formes (moulu, écrasé, tranché, tofu, tempeh, etc.), ainsi que les noix, les amandes et les graines.”

Islande

  • Diet and pregnancy Information for women of child-bearing age12
    • Le soja est conseillé aux femmes enceintes pour sa richesse en folate
    • Il est aussi indiquer que les boissons à base de soja peuvent être riche en calcium
    • Aucune recommandation de se limiter
  • Nutrition – recommendations from the Directorate of Health
    • Nutrition of infants (0-12 months)13
      • Advice on infant nutrition14 => aucune mention du soja.

Nous n’avons pas trouvé de spécificités pour les recommandations norvégiennes. Les recommandations islandaises n’étant pas toutes traduites en anglais, nous n’avons pas pu être exhaustif. Mais notons que ces deux pays s’appuient sur les recommandations du conseil nordique.

Passons maintenant à la troisième source avancée, qui est un article de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Il s’agit cette fois d’un institut français qui, sans surprise, reprend les recommandations françaises. Il traite du soja dans l’alimentation, mais également en tant que complément alimentaire.

L’article cite le rapport de 2005, qui repose donc sur des données anciennes. Pour mémoire, cette constatation est retrouvée dans le rapport du Haut conseil à la santé publique du 18 janvier 2022 “Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les femmes enceintes et allaitantes” (p 23)15.

Passons maintenant à la quatrième source, provenant de l’Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques de 2007.

De nouveau, il s’agit d’un document évaluant les risques associés aux compléments en isoflavones, et non une évaluation de la consommation de soja en tant qu’aliment.

Nous pouvons lire dans les recommandations allemandes : 

La Société allemande de nutrition, qui est responsable des recommandations diététiques officielles en Allemagne, recommande le soja comme bonne source de protéines. “Les bonnes sources de protéines sont la viande, le poisson, les produits laitiers et les œufs, ainsi que les légumineuses telles que le soja, les lentilles et les pois, et les produits céréaliers.”16

Le Centre fédéral de nutrition, qui assure l’éducation nutritionnelle générale en Allemagne, mentionne les légumineuses, y compris le soja, comme des aliments sains et durables17.

Il existe également une déclaration du Département allemand de la sécurité alimentaire (BfR). Il critique les compléments alimentaires contenant des isoflavones isolées de soja. En ce qui concerne les aliments à base de soja, il indique que l’Allemagne ne dispose pas de suffisamment de données pour pouvoir procéder à une évaluation finale des effets d’une alimentation plus végétale à base d’aliments à base de soja18.

Passons maintenant à la dernière source qui nous a été proposée, celle du comité du Royaume-Uni sur la toxicité des substances chimiques dans les aliments, les produits de consommation et l’environnement.

91. Il n’existe aucune base scientifique permettant de modifier l’avis actuel du gouvernement selon lequel il n’y a pas de véritable besoin médical ni de bénéfice pour la santé découlant de l’utilisation de préparations pour nourrissons à base de soja et que celles-ci ne devraient être utilisées que dans des circonstances exceptionnelles afin de garantir une alimentation adéquate.

Il n’y a pas de préoccupation particulière concernant le soja de la part du comité du Royaume-Uni sur la toxicité des substances chimiques dans les aliments, les produits de consommation et l’environnement.

Les sources qui nous ont été transmises ne semblent pas considérer la consommation de soja comme problématique notamment pour les femmes enceintes, les nouveau-nés et les enfants avant 3 ans en dehors de la France. En cela, elles rejoignent les différents avis d’agences internationales qui sont disponible dans notre position sur le soja. Vous pouvez aussi les dérouler ici.

6) Etats-Unis

  • Avis du National Toxicology Program Center for the Evaluation of Risks to Human Reproduction

Cette agence nationale conclut que le risque d’effets indésirables sur le développement des nourrissons qui consomment des préparations pour nourrissons à base de soja est minime.

  • Avis de la société de pédiatrie américaine

Leur conclusion est qu’il n’y a pas un intérêt à consommer des préparations infantiles à base de soja en dehors de l’allergie aux protéines de lait de vache, mais qu’il n’y a pas non plus de risque identifié à cette pratique.

  • Avis de l’American Institute for Cancer Research

La consommation de soja ne présente pas de risque pour les personnes ayant eu un cancer du sein. Certaines données suggèrent même un risque diminué de récidive. Le facteur protecteur du soja dépend sans doute de facteurs génétiques, du microbiote et de l’alimentation en général (avis du 8 avril 2021). De nombreux mythes sont associés au soja alors qu’une consommation régulière est plutôt bonne pour la santé. Sa consommation n’augmente pas le risque de cancer du sein ou de la prostate. Il est cependant tout à fait possible d’avoir une alimentation équilibrée sans consommer de soja (avis du 19 février 2019).

7) Royaume-Uni

  • Avis du National Health Service

Le seul avis donné par la NHS sur le soja concerne les préparations infantiles à base de soja du 17 octobre 2019. Celles-ci ne sont conseillées qu’à partir de 6 mois et sur avis médical. En effet, elle alerte sur la teneurcontenance en phyto-estrogènes de ces préparations, dont l’innocuité n’est pas démontrée. Elle estime aussi que ces préparations contiennent beaucoup de glucose et elle alerte sur le risque pour les dents des bébés.

  • Avis de la British Dietetic Association

Dans son avis d’août 2020, l’Association des diététiciens anglais fait une revue des connaissances sur le soja. Elle rappelle que c’est une légumineuse qui peut se consommer fermentée ou non. Le soja est riche en protéines et apporte tous les acides aminés avec une bonne biodisponibilité, qui n’a rien à envier aux protéines animales. Il est riche en acides gras de bonne qualité et source de fibres.

Le soja devrait être davantage consommé pour son empreinte environnementale bien plus favorable que la viande.

L’association indique que contrairement aux études effectuées in vitro, chez les animaux non-humains ou avec de grandes doses d’isoflavones, la consommation humaine de soja en quantité alimentaire classique ne présente pas de risque pour la santé. La majorité de celles-ci disparaissent avec les procédés de transformation. Une alimentation variée comprenant du soja ne présente pas de risque mais plutôt et des bénéfices potentiels sur les maladies vasculaires, les symptômes de la ménopause, sur certains cancers dont le cancer du sein, et la santé osseuse. La consommation de soja ne modifie pas le taux des hormones masculines ni la fonction thyroïdienne.

8) Canada

  • Avis de la société canadienne du cancer
    • La consommation de soja ne présente pas de risque pour les personnes ayant eu un cancer du sein. Certaines études amènent à penser qu’il pourrait même avoir un effet bénéfique à en consommer. Il est possible de manger jusqu’à 3 portions de soja par jour chaque jour.
  • Avis de la société canadienne de pédiatrie
    • La société canadienne de pédiatrie rappelle que l’allaitement doit demeurer le premier choix pour l’alimentation des nourrissons. Elle juge que les études disponibles sur les humains démontrent que les préparations infantiles à base de soja peuvent permettre le bon développement de l’enfant à l’exception des prématurés ou de ceux ayant une hypothyroïdie congénitale. Elle préconise tout de même de limiter l’utilisation de ces préparations pour les nourrissons atteints de galactosémie ou pour ceux qui ne veulent pas de produits laitiers pour des raisons philosophiques ou religieuses.
  • Grossesse et diversification 
    • L’agence de santé publique du Canada a édité un guide pour une grossesse en santé. La consommation de tofu est conseillée comme étant une bonne source de fer. Le guide ne contient aucune mise en garde concernant le soja, qui. Il est également conseillé comme source de fer pour les enfants de plus de 6 mois. Là encore aucune restriction sur le soja n’est retrouvée.
9) Australie

  • Le ministère de la santé et du vieillissement établit les directives diététiques australiennes.
    • La dernière version date de 2013. Concernant le soja, il est indiqué : “Des preuves récentes confirment un effet protecteur de la consommation de légumineuses, et en particulier d’aliments à base de soja, contre plusieurs facteurs de risque et maladies. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les quantités de légumineuses/de haricots nécessaires pour produire des bénéfices pour la santé, l’efficacité à long terme et l’effet relatif des aliments à base de légumineuses, y compris des aliments à base de soja eux-mêmes, par opposition aux composants alimentaires tels que les isoflavones.” Il n’est fait aucune mention d’une limitation sur le soja. Le soja fait partie des aliments à intégrer en premier dans la diversification alimentaire. Il encourage la consommation de légumineuses dont le soja.
10) Belgique

  • La fondation contre le cancer en Belgique a fait le point sur la consommation du soja et le cancer du sein. Elle indique : “il semble par contre que la consommation de soja dans l’alimentation durant le traitement ne pose pas de problèmes, même en cas de cancer hormono-dépendant. Pour les femmes atteintes d’un cancer du sein après la ménopause, ou d’un cancer du sein non hormono-dépendant, le risque de mortalité ou d’apparition d’un nouveau cancer du sein serait plus faible. Pour celles atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant et traitées par hormonothérapie, la consommation de soja via l’alimentation ne présente pas d’inconvénient. Cette consommation pourrait même diminuer le risque de mortalité générale.” [..] “Il n’y a pas d’effets secondaires connus liés à la consommation de soja en tant qu’aliment, excepté bien entendu pour les personnes qui y sont allergiques” […] La consommation de soja dans le cadre de l’alimentation n’interfère pas avec les médicaments et les compléments alimentaires.”
11) EFSA

  • En 2011, l’agence européenne fait le point sur les allégations sur la santé du soja et des isoflavones. Elle considère que le niveau de preuve est insuffisant pour : la protection de l’ADN, des protéines et des lipides contre les dommages oxydatifs, le maintien d’une concentration normale de cholestérol LDL dans le sang, la réduction des symptômes vasomoteurs associés à la ménopause et la contribution à la croissance normale des cheveux (Efsa, 2011). L’Efsa indique dans son rapport de 2014 que les préparations infantiles à base d’isolat de protéines de soja sont des sources de protéines sûres et appropriées pour les préparations pour nourrissons ainsi que les préparations de suite à base de protéines intactes (Efsa, 2014). Elle a évalué la sécurité des isoflavones consommées sous forme de compléments alimentaires chez la femme ménopausée et a conclu à la sécurité de quantités atteignant 150 mg par jour d’isoflavones. Une étude systématique a été réalisée pour déterminer s’il existait une association entre la consommation d’isoflavones provenant de compléments alimentaires et les effets indésirables sur les trois organes cibles chez les femmes péri- et postménopausées. Les données humaines n’ont pas soutenu l’hypothèse d’un risque accru de cancer du sein dans les études d’observation, ni d’un effet sur la densité mammographique ou sur l’expression du marqueur de prolifération Ki-67 dans les études interventionnelles. Aucun effet n’a été trouvé sur l’épaisseur de l’endomètre et les changements histopathologiques dans l’utérus jusqu’à 30 mois de supplémentation avec 150 mg/jour d’isoflavones de soja. Après 60 mois, quelques changements histopathologiques non-malins ont été signalés. Les niveaux d’hormones thyroïdiennes n’ont pas été modifiés après la prise d’isoflavones provenant de compléments alimentaires (Efsa, 2015).

Conclusion

  • Il est difficile d’être exhaustif sur les avis internationaux.
  • Cependant, les différents avis qui ont été apportés pour soutenir la position française ne semblent pas tenir face à un examen plus approfondi.
  • C’est probablement une erreur de vouloir traiter à la fois de la consommation alimentaire de soja et des compléments alimentaire en isoflavones
  • Les données animales (rongeur etc.) ne sont pas pertinentes pour évaluer les effets du soja sur la santé humaine et conduisent à un principe de précaution injustifié.
  • Les données épidémiologiques sur les humains indiquent qu’une consommation de soja au sein d’une alimentation équilibrée (sans précaution particulière) à tout âge de la vie et toute condition de santé (à l’exception des nouveau-nés avec hypothyroïdie congénitale et des personnes allergiques) ne présente pas de risque voire, dans certaines situations, peut présenter un bénéfice.

Ainsi, nous confirmons notre position, qui sera mise à jour cette année comme tous les ans depuis sa parution : 

  • La consommation de soja n’est pas obligatoire.
  • Cependant, elle est sans risque au sein d’une alimentation équilibrée.
  • On peut consommer du soja quelque soit l’âge ou les évènements particuliers de la vie (grossesse/allaitement). Cette consommation peut être quotidienne et peut concerner plusieurs prises par jour (attention à garder une diversité alimentaire toutefois).

Voir la position sur le soja

Notes de bas de page

  1. https://pub.norden.org/temanord2020-532/#35254 ↩︎
  2. https://pub.norden.org/nord2023-003/nord2023-003.pdf ↩︎
  3. https://en.foedevarestyrelsen.dk/food ↩︎
  4. https://foedevarestyrelsen.dk/kost-og-foedevarer/alt-om-mad/de-officielle-kostraad/kostraad-til-dig/0-2-aar/saerlige-raad-om-mad-og-tilskud-til-spaed-og-smaaboern ↩︎
  5. https://foedevarestyrelsen.dk/kost-og-foedevarer/alt-om-mad/de-officielle-kostraad/kostraad-til-dig/vegetarer-og-veganere/vegetarisk-og-vegansk-kost-til-boern-under-2-aar ↩︎
  6. https://www.livsmedelsverket.se/en/food-habits-health-and-environment/dietary-guidelines/babies-and-children/good-food-for-children—1-and-2-years ↩︎
  7. https://www.livsmedelsverket.se/globalassets/publikationsdatabas/andra-sprak/bra-mat-for-barn/good-food-for-children-1-2-years.pdf ↩︎
  8. https://www.livsmedelsverket.se/globalassets/publikationsdatabas/andra-sprak/rad-om-mat-till-dig-som-ar-gravid/advice-about-food-for-you-who-are-pregnant.pdf ↩︎
  9. https://www.livsmedelsverket.se/globalassets/publikationsdatabas/andra-sprak/bra-mat-for-spadbarn/good-food-for-infants-under-one-year-livsmedelsverket.pdf ↩︎
  10. https://www.julkari.fi/bitstream/handle/10024/137770/URN_ISBN_978-952-343-264-2.pdf?sequence=1&isAllowed=y ↩︎
  11. https://www.julkari.fi/bitstream/handle/10024/135969/URN_ISBN_978-952-343-033-4.pdf?sequence=1&isAllowed=y ↩︎
  12. https://assets.ctfassets.net/8k0h54kbe6bj/5Tv32FoyUJKNsguAB6CI6o/eb804230182f5ea8cda0795cd34b16a7/baklingur_-_Matur_og_medganga-_enska.pdf ↩︎
  13. https://island.is/en/nutrition-recommendations/naering-ungbarna-(0-12-manada) ↩︎
  14. https://assets.ctfassets.net/8k0h54kbe6bj/5H7fJ7b3UxIkFqCTXslAik/f5f03528dfc983570eb6640286f9c0d1/Dagforeldrar_Enska_allt_net.pdf ↩︎
  15.  https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=1165
    ↩︎
  16. https://www.dge.de/wissenschaft/referenzwerte/protein/ ↩︎
  17. https://www.bzfe.de/service/news/aktuelle-meldungen/news-archiv/meldungen-2023/juli/wie-gesund-sind-soja-lebensmittel/ ↩︎
  18. https://www.bfr.bund.de/cm/343/sojahaltige-lebensmittel-und-nahrungserg%C3%A4nzungsmittel-gesundheitliche-aspekte.pdf ↩︎
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