Accompagner la démocratisation des alimentations saines et durables.

Baromètre Max Havelaar 2022 de la transition alimentaire : les entreprises et pouvoirs publics doivent faire mieux

Ce baromètre porte sur l’évolution de la perception et de la consommation des produits responsables en France. Malgré le contexte économique difficile, la consommation responsable se maintient (en particulier concernant l’alimentation) mais les Français·es estiment que les entreprises et les pouvoirs publics devraient en faire plus pour favoriser l’essor du secteur alimentaire responsable, y compris dans les cantines scolaires.

Consultez la 4ème édition du Baromètre Max Havelaar de la transition alimentaire.

Présentation

Le 4ème baromètre Max Havelaar de la transition alimentaire porte sur l’évolution de la perception et de la consommation des produits responsables par les Français·es. Les produits dits “responsables” désignent ici les produits plus équitables et plus écologiques : locaux, bio, rémunération juste des producteurs, avec moins ou sans emballage, etc. Paru le 24 novembre 2022, ce 4ème baromètre porte plus précisément sur les attentes des citoyens envers les pouvoirs publics et les collectivités locales.

Il a été réalisé par Opinion Way auprès d’un échantillon de 2 320 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et d’un échantillon de 520 enfants, représentatif de la population des enfants âgés de 7 à 17 ans.

Principaux résultats

Le prix demeure le premier critère dans les décisions d’achat, mais la consommation responsable se maintient malgré le contexte inflationniste. Les lieux de distribution des produits responsables évoluent et on assiste à un retour dans les lieux physiques (supermarchés, etc.).

La rémunération des producteurs et des productrices reste le critère de choix principal des achats alimentaires dits responsables, en particulier lorsqu’il s’agit de de produits locaux ou made in France.

Le développement d’un modèle de transition alimentaire durable n’est plus une responsabilité qui repose uniquement sur les consommateurs·trices. Ils attendent désormais un engagement plus fort des entreprises et des collectivités locales dans ce domaine, plébiscitant le soutien aux producteurs et productrices, la sensibilisation des enfants ou l’engagement de qualité dans les repas servis à la cantine.

Dans un contexte économique difficile, les Français·es ont dû faire des choix pour maintenir leur consommation de produits responsables. Cette consommation réfléchie se concentre sur les produits alimentaires (81 %), suivie des produits d’hygiène et de beauté (46 %), des produits d’entretien (36 %) et de l’habillement (27 %).

Quelles sont les motivations à l’adoption d’une consommation responsable ?

La crise sanitaire a recentré les pratiques d’achat responsables autour de la santé et de l’économie locale.

Les trois motivations de tête à l’adoption d’une consommation responsable sont : le soutien aux producteurs/agriculteurs pour leur permettre de vivre de leur travail (55 %), l’attention accordée à la santé (53 %) et le fait d’agir pour protéger la planète (49 %).

Attentes envers les entreprises

Après la vague de confiance accordée aux entreprises du secteur alimentaire pendant la crise sanitaire, près d’un·e Français·e sur deux (45 %) doute à présent de leur capacité à amorcer les changements environnementaux, sociaux et solidaires nécessaires.

88 % des Français·es ont le sentiment que les entreprises devraient proposer davantage de produits responsables et 83 % des Français·es ont le sentiment qu’elles évoluent trop lentement face aux demandes des consommateurs.

Attentes envers les pouvoirs publics

La moitié des Français·es estime que l’État n’en fait pas assez pour soutenir les filières alimentaires (50 %, +10 points) et favoriser l’essor du secteur alimentaire responsable.

93% des Français·es seraient favorables à l‘engagement des collectivités locales de leur lieu de résidence dans une démarche d’alimentation durable :

  • aide aux producteurs·trices ;
  • engagements de qualité des produits des cantines ;
  • sensibilisation des enfants.

45 % des Français·es souhaitent que les pouvoirs publics favorisent l’information et l’affichage obligatoires pour favoriser l’essor du secteur alimentaire responsable. 42 % sont également pour la promotion les labels et garanties responsables.

Cantines scolaires

Avec l’entrée en vigueur des mesures pour la restauration collective de la loi Egalim, les pouvoirs publics sont particulièrement attendus en matière de transition de l’offre des cantines scolaires vers une alimentation responsable.

Les parents d’enfants âgés de 7 à 17 ans sont globalement satisfaits de la nourriture servie dans les cantines scolaires de leurs enfants : près de trois parents sur quatre estiment que la nourriture proposée dans la cantine de l’établissement scolaire de leur enfant est bonne pour la santé (76 %). Plus des deux tiers la jugent également de bonne qualité (68 %) et abordable financièrement (67 %).

En adéquation avec les volontés pour leur propre alimentation, les parents attendent avant tout des cantines scolaires de leurs enfants qu’elles proposent davantage de produits locaux (56 %), made in France (38 %) et issus du commerce équitable (27 %).

Alors que 90 % des parents souhaitent que l’obligation des cantines scolaires à fournir de produits durables de qualité (loi EGALIM) soit maintenue malgré l’inflation, des solutions sont envisagées pour permettre de compenser la hausse des coûts de la cantine. Ainsi :

  • 25 % des parents pourraient accepter que “la collectivité rationalise les quantités pour éviter le gaspillage” et ne pas payer plus cher la cantine ;
  • 16 % des parents pourraient accepter que, selon les jours, certaines composantes du menu (entrée, fromage ou dessert) ne soient pas proposées aux enfants.

La végétalisation de l’alimentation, grande oubliée.

Concernant l’alimentation, l’Onav regrette que les produits dits “responsables” désignent uniquement les aliments locaux, bio, permettant une rémunération juste des producteurs et avec moins ou sans emballage, sans prise en compte de la dimension végétale. En effet, une alimentation plus végétale est un pilier de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de l’environnement, ainsi qu’une mesure phare de la loi Egalim.

Sur le même thème