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Avis du HCSP relatif à la couverture des besoins de la population en fer

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) est une instance française chargée d’apporter une aide à la décision au ministre de la Santé en réalisant des rapports sur la santé et en formulant des recommandations. Dans le cadre de la mise à jour des repères nutritionnels pour la population française, le HCSP a publié le 21 juin 2022 son “Avis relatif à la couverture des besoins de la population générale en vitamine D et en fer“. Nous faisons ici le point sur les groupes de population à risque de carence et les recommandations pour la population générale.

Le fer

Le fer est un nutriment essentiel à la santé humaine qui intervient, entre autres, dans le transport et l’utilisation de l’oxygène, ainsi que dans différentes réactions d’oxydo-réduction. Le fer est apporté sous deux formes via l’alimentation :

  • Le fer héminique : il est présent exclusivement dans les aliments d’origine animale (viande et produits transformés à base de viande, abats, poissons, etc.) dont il constitue, selon les espèces et les morceaux, 15 à 80 % du fer présent.
  • Le fer métallique : il est présent dans la plupart des aliments, qu’ils soient d’origine animale ou végétale.

Groupes de population à risque de carence

L’évaluation du statut en fer de la population repose sur l’utilisation de marqueurs biologiques mesurables par des prélèvements sanguins permettant d’évaluer différents niveaux de déficiences en fer allant de la déplétion des réserves en fer jusqu’à l’anémie ferriprive. Les besoins nutritionnels conseillés étant définis pour couvrir les besoins de 97,5 % de la population, le fait de ne pas satisfaire ces besoins ne préjuge pas de la couverture réelle de ceux-ci au niveau individuel. De ce fait, seules les études utilisant des marqueurs biologiques fiables permettent de conclure sur la réalité du statut en fer des individus.

Pour le fer, le risque de non-couverture des besoins se pose principalement chez les femmes en âge de procréer en raison des menstruations. Chez les hommes, on ne retrouve pas d’anémie ferriprive depuis l’Étude Nationale Nutrition Santé (ENNS) de 2006.

La fréquence des anémies ferriprives est de l’ordre de 3% chez les femmes en âge de procréer en France métropolitaine et n’a pas augmenté ces dernières années. Ainsi, le HCSP indique qu’étant donné la faible fréquence des anémies ferriprives dans la population générale et les potentiels effets négatifs d’apports supplémentaires en fer, il ne semble pas pertinent de chercher à augmenter les apports en fer pour l’ensemble de la population générale adulte.

En revanche, Il est recommandé de concentrer les mesures de prévention sur les groupes à risques d’anémies ferriprives. Vis-à-vis des femmes en âge de procréer à risque élevé (femmes d’un faible niveau socio-économique, dans les départements d’outre-mer, multipares ou utilisant un dispositif intra-utérin), il apparait intéressant de coupler un dépistage et une éventuelle complémentation en fer limitée dans le temps.

Les personnes végétalisant leur alimentation et adoptant une alimentation flexitarienne, végétarienne ou végane ne sont pas considérées comme étant plus à risque de carence que la population générale.

Recommandations du HCSP

Afin de favoriser un statut adéquat en fer pour la population générale, il est recommandé de concentrer les mesures de prévention sur les groupes à risques concernés par les anémies ferriprives : femmes en âge de procréer à risque élevé (faible niveau socio- économique, grandes multipares, département d’outre-mer).

Vis-à-vis des femmes en âge de procréer de ces populations spécifiques, il apparaît intéressant de coupler à la fois un dépistage et une éventuelle complémentation temporaire. Il n’y a pas d’éléments suggérant un risque lié à la prise d’une complémentation dans le cadre d’un traitement d’une anémie ferriprive limité dans le temps, notamment sur la survenue de pathologies chroniques à long terme, ce d’autant que ces stratégies sont ciblées vers des populations souffrant d’anémie.

Sur la base des données disponibles, il ne semble pas opportun de chercher à augmenter les apports en fer pour l’ensemble de la population.

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